Les technologies de l’information israéliennes


Depuis les années 1990, les technologies de l’information israéliennes ont connu un succès spectaculaire, égalé uniquement par l’Irlande parmi les pays comparables, c’est-à-dire ceux qui ont été industrialisés tardivement et qui s’efforcent de « rattraper » les économies les plus avancées. Dans tous les secteurs liés aux nouvelles technologies – l’équipement informatique d’abord, les logiciels ensuite –, la recherche et le développement (R&D) sont devenus une activité commerciale de toute première importance.

Et les produits qu’ils génèrent contribuent largement à la balance des paiements du pays : en 1988, 59% des exportations industrielles consistaient en produits de haute technologie, taux qui s’est élevé jusqu’à atteindre 71% dix ans plus tard. Leur impact sur l’ensemble de l’économie israélienne est aussi considérable : en 2000, la seule industrie des technologies de l’information expliquait 70% de la croissance du PIB.

Ces chiffres témoignent de la réussite des programmes nationaux de développement et de l’entrée en bourse aux Etats-Unis de nombreuses entreprises israéliennes, qui ont suscité une activité entrepreneuriale sans précédent : entre 1990 et 2000, 400 nouvelles entreprises ont été créées chaque année en moyenne dans ce secteur, et le nombre de start-up à cette date est estimé entre 3500 et 4000, ce qui donne un ratio inégalé d’une entreprise nouvellement fondée pour 1500 habitants.

L’origine de ce succès remonte à la fin des années 1960, lorsque l’Etat israélien a abandonné la stratégie d’imitation technologique pour recentrer sa politique industrielle sur les activités de recherche. Les agences publiques de développement ont su créer une industrie nouvelle en utilisant la recherche scientifique existante et en mettant les nouvelles technologies au cœur de leur stratégie.

L’Etat a donc joué un rôle clé dans la transformation de l’économie israélienne, et ce, de deux manières : d’une part, il a encouragé la création d’une industrie locale à travers des programmes visant à adapter l’environnement économique aux besoins d’un secteur innovant et à stimuler la croissance de celui-ci ; d’autre part, il a créé un marché financier indispensable pour soutenir son développement.

L’instrument principal de cette stratégie, le bureau du directeur scientifique (Office of the Chief Scientist, OCS) au sein du ministère de l’Industrie et du Commerce, a également été d’une importance capitale pour développer et entretenir les ressources scientifiques dans le domaine des technologies de l’information. Cependant, tous ces programmes étaient sous-tendus par l’idée que les compétences nécessaires en matière de recherche existaient déjà en Israël, notamment dans le secteur militaire, et que le rôle de l’Etat consistait à les rediriger vers la recherche civile. Autre-ment dit, les politiques publiques ont permis non la création, mais la diffusion et le développement des technologies de l’information à travers l’économie israélienne.

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