Onomasticon


This learned term comes from Greek. Onomasticon; from, onomastikon, onomastikona, meaning in Greek, “consisting on names.” It consists in a list of names, particularly of the proper names within a given culture as a philological aid to their meaning and etymology, as found for instance in Plato’s Cratylus. The Onomasticon of Julius Pollux from the second century A.D. is a ten-volumed lexicon containing the most important words related to a wide range of subjects (music, theater, politics, nature, crime, crime, reliogion, etc.) with short explanations, illustrated with quotations from ancient writers. It is suggested that Onomasticona were used in Wisdom writing, for example, Jb 28; 38-39; 41; Wisdom of Solomon 7:17-23; Sirach 43, etc. Each of these deals with knowledge of the wonders of nature. The Onomasticon of Eusebius, published about A.D. 328, is a treatise on the names and places of the Bible; it was translated into Latin by Jerome.

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Ordinatur ad scientiam demonstrativam


Deinde cum dicit: caeterae igitur relinquantur etc., ostendit quod de sola enunciativa est agendum.

Et dicit quod aliae quatuor orationis species sunt relinquendae, quantum pertinet ad praesentem intentionem: quia earum consideratio convenientior est rhetoricae vel poeticae scientiae. Sed enunciativa oratio praesentis considerationis est.

Cuius ratio est, quia consideratio huius libri directe ordinatur ad scientiam demonstrativam, in qua animus hominis per rationem inducitur ad consentiendum vero ex his quae sunt propria rei.

Et ideo demonstrator non utitur ad suum finem nisi enunciativis orationibus, significantibus res secundum quod earum veritas est in anima.

Sed rhetor et poeta inducunt ad assentiendum ei quod intendunt, non solum per ea quae sunt propria rei, sed etiam per dispositiones audientis.

Unde rhetores et poetae plerumque movere auditores nituntur provocando eos ad aliquas passiones, ut philosophus dicit in sua rhetorica.

Et ideo consideratio dictarum specierum orationis, quae pertinet ad ordinationem audientis in aliquid, cadit proprie sub consideratione rhetoricae vel poeticae, ratione sui significati; ad considerationem autem grammatici, prout consideratur in eis congrua vocum constructio.

Réflexion sur la construction de l’intimité moderne


Dans l’œuvre de Michelle Perrot, Histoire de chambres constitue un aboutissement. La richesse du livre résulte tout d’abord de l’ensemble des savoirs accumulés par l’auteur au fil de ses recherches successives.

Mais, à l’évidence, l’ouvrage n’est pas que récapitulation. Michelle Perrot présente non pas une histoire de la chambre – elle s’en défend –, mais un long parcours, qui réserve les attraits d’une promenade.

Il permet au lecteur de prendre conscience des divers éléments de l’objet, tels qu’ils se dessinent durant ce « long siècle caméral » qui s’étend de la Renaissance aux années 1960.

Le propos est étayé par de brèves incursions dans l’Antiquité ; il est prolongé par l’analyse de la situation actuelle, puis par l’énoncé de quelques données prospectives.

Cette longue méditation sur l’évolution de la chambre est scandée par une série d’arrêts sur image qui procurent de saisissants effets de réel.

Les travaux initiaux de Michelle Perrot concernant la genèse de l’enquête sociale, ainsi que son grand livre consacré aux ouvriers en grève, nourrissent les descriptions de la chambre des travailleurs du XIXe siècle.

Exposé ordonné par les schèmes alors obsédants de la promiscuité, de l’entassement, par la nécessité nouvellement ressentie et proclamée de séparer les corps. Ici, l’étude se fonde sur des écrits où se mêlent en permanence l’hygiène et la morale.

Michelle Perrot s’est, dès les années 1970, consacrée à l’histoire des femmes, au point de s’imposer, aujourd’hui, comme l’une des éminentes spécialistes de cette discipline.

Or il se trouve que la chambre constitue une forme de clôture longtemps identifiée à la féminité. Les femmes, plus que d’autres, écrit Michelle Perrot.

« Ont la mémoire silencieuse des chambres ; de ces chambres qui ont rythmé leurs vies, leurs passages du temps ».

Ce primat du féminin caractérise particulièrement ce long XIXe siècle durant lequel la femme règne sur l’intérieur familial, tandis que l’homme se trouve engagé dans la mêlée sociale.

Dans cette même perspective, Michelle Perrot s’est longuement consacrée à l’histoire de la sphère privée, au centre de laquelle se tient la chambre conjugale.

Son livre bénéficie des recherches effectuées à l’occasion de sa préparation du quatrième tome de la série dirigée par Philippe Ariès et Georges Duby.

Enfin, Michelle Perrot s’est imposée, très vite, comme l’historienne de la prison. Son dialogue savant avec Michel Foucault, un séminaire tenu en compagnie de Robert Badinter.

La direction de grandes thèses, dont celle de Jacques-Guy Petit, l’étude du Panoptique de Bentham, l’analyse du long débat sur les bienfaits et les méfaits de la prison cellulaire la rendaient particulièrement apte à traiter de toutes les formes de réclusion.

L’éventail de ces curiosités, le recoupement de ces recherches antérieures conduisaient logiquement à cette histoire de la chambre qui en constitue le point nodal.

Mais le livre n’est pas que le fruit d’une longue et brillante carrière d’historienne. Ainsi, le lecteur se trouve vite frappé par une fascination nouvelle, timidement avouée par Michelle Perrot dans l’introduction de son livre.

Je veux parler de l’attrait du « grand siècle », celui de la chambre du roi, des lits à baldaquin, des charmes de la « ruelle » ; grand siècle de l’intériorité, de la tentation pascalienne de demeurer en sa chambre ou de se retirer dans son poêle, à la manière de Descartes.

Siècle des mystiques qui se clôt par la querelle du quiétisme et par les affres de cette Madame Guyon qui, aujourd’hui, fascine les historien(ne)s des femmes.

Siècle au cours duquel s’élabore une topologie de l’âme, dans le désir même de rencontre, voire de fusion avec le divin ; ce qui suggère une analogie entre le centre de l’âme et la chambre où l’on tente de vivre ces extases.

Michelle Perrot, admiratrice de George Sand et analyste des journaux intimes des jeunes filles et des femmes du XIXe siècle, se délecte tout autant, on le sent, de la lecture de l’abbé Brémond.

C’est pourquoi elle n’occulte pas – contrairement à bien d’autres – la dimension sacrale de la chambre, que rappelle, jusqu’au cœur du XXe siècle, la présence du prie-Dieu.

C’est aussi ce qui fait la richesse des très beaux chapitres du livre consacrés à la place de la chambre dans les artes moriendi. La description de celle du malade, de celle de l’agonisant, de celle où se déploient les rites mortuaires sont de grandes réussites.

Le livre, qui présente ainsi toute une gamme de gisants, est aussi méditation sur la disparition. Chateaubriand est, pour sa part, plusieurs fois revenu sur les portes des chambres qui se ferment, pour évoquer la dissolution des groupes familiaux.

Se situant dans la perspective de Marc Bloch et de Lucien Febvre, Michelle Perrot continue de penser que l’exploration du passé doit s’enraciner dans l’observation du présent ; d’où la curiosité qu’elle manifeste à l’égard des expériences contemporaines de la chambre.

Elle se tient à l’écoute des sociologues, des ethnologues, des ethnopsychiatres qui se sont penchés sur celle d’aujourd’hui. Michelle Perrot s’est toujours présentée comme une historienne soucieuse des problèmes de son siècle.

En témoignent son engagement initial dans le mouvement social comme son militantisme en faveur de la cause des femmes. Il n’est donc pas étonnant de lire qu’elle se préoccupe des nouvelles formes que revêt l’entassement des êtres et les méfaits de la promiscuité.

Elle ne cache pas sa sympathie à l’égard des mal logés, de toutes les victimes de l’habitat précaire et des sans domicile fixe d’aujourd’hui. Jamais elle n’oublie, à ce propos, que simple « couchage » n’est pas chambre.

Enunciativam orationem significatur


Sed quia intellectus vel ratio, non solum concipit in seipso veritatem rei tantum, sed etiam ad eius officium pertinet secundum suum conceptum alia dirigere et ordinare; ideo necesse fuit quod sicut per enunciativam orationem significatur ipse mentis conceptus, ita etiam essent aliquae aliae orationes significantes ordinem rationis, secundum quam alia diriguntur.

Dirigitur autem ex ratione unius hominis alius homo ad tria: primo quidem, ad attendendum mente; et ad hoc pertinet vocativa oratio: secundo, ad respondendum voce; et ad hoc pertinet oratio interrogativa: tertio, ad exequendum in opere; et ad hoc pertinet quantum ad inferiores oratio imperativa; quantum autem ad superiores oratio deprecativa, ad quam reducitur oratio optativa: quia respectu superioris, homo non habet vim motivam, nisi per expressionem sui desiderii.

Quia igitur istae quatuor orationis species non significant ipsum conceptum intellectus, in quo est verum vel falsum, sed quemdam ordinem ad hoc consequentem; inde est quod in nulla earum invenitur verum vel falsum, sed solum in enunciativa, quae significat id quod mens de rebus concipit.

Et inde est quod omnes modi orationum, in quibus invenitur verum vel falsum, sub enunciatione continentur: quam quidam dicunt indicativam vel suppositivam. Dubitativa autem ad interrogativam reducitur, sicut et optativa ad deprecativam.

Le néolibéralisme sera-t-il balayé par la crise?


Le néolibéralisme n’est plus tout à fait un mystère aujourd’hui, en dépit de ses paradoxes : phobie de l’État et réaffirmation de son autorité ; retrait de la puissance publique et activisme « régulateur » de celle-ci ; minoritaire et marginal il y a encore peu, forme planétaire de la raison économique et politique aujourd’hui.

Cet ouvrage riche et important peut se lire comme une ample mise au point sur les origines intellectuelles de cette « nouvelle raison du monde ». Et, trente ans après les intuitions de Michel Foucault, il dresse une impressionnante synthèse des analyses et des critiques du néolibéralisme, à l’heure de la plus grave crise qu’il ait jamais connue.

Foucault, revu et complété

Il y a une impression curieuse à lire ce qui apparaît comme un grand palimpseste de Naissance de la biopolitique. On y systématise l’usage de concepts de nature essentiellement heuristique à l’origine, sans grande réflexivité critique mais comme une boîte à outils : « dispositif », « discipline », « gouvernementalité », « stratégie ».

Le libéralisme est ainsi approché non comme une philosophie politique ou une idéologie bourgeoise, mais comme une technologie de gouvernement qui fait partie de l’histoire du pouvoir. On y complète historiquement les analyses du libéralisme de Foucault : Locke, Bentham (dont Christian Laval est un éminent spécialiste), Spencer (dont le darwinisme social représenterait une étape-charnière vers le néolibéralisme), la littérature managériale contemporaine…

Même si l’on peut regretter que les auteurs ne comblent guère la grande lacune du récit foucaldien, à savoir le libéralisme du XIXe siècle, hâtivement assimilé à l’école de Manchester (tel Ricardo) et à la théorie de « l’État veilleur de nuit ».

Cet « essai », qui se rapproche davantage d’un traité, entend donc rompre avec la vulgate qui présente le néolibéralisme comme une simple « idéologie » du laisser-faire et du retrait de l’État, qu’elle soit dénoncée comme l’expression d’une domination de classe ou louée comme la seule garantie de la liberté.

Non : le néolibéralisme constitue une rationalité politique cohérente qui se présente comme apolitique et neutre, et qui tend à structurer entièrement l’action des gouvernants et la conduite des gouvernés.

Christian Laval avait déjà montré son érudition et sa virtuosité en histoire des idées économiques et politiques (L’homme économique. Essai sur les racines du libéralisme, Paris, Gallimard, 2007).

Avec le philosophe Pierre Dardot, il franchit un pas supplémentaire en dessinant l’histoire, plus large, des discours et des rationalités. De la mise en place du libéralisme classique au XVIIIe siècle à la « refondation intellectuelle » que constitue le néolibéralisme, ce dernier se révèle être une réponse méconnue en tant que telle à la crise du libéralisme que connut l’Europe durant l’entre-deux-guerres, et ce aux côtés du keynésianisme et du Welfare.

La « nouvelle raison du monde », en dépit du caractère un peu ampoulé du titre, ne marque pas la dernière étape en date dans l’odyssée hégélienne de l’Esprit, mais le triomphe imprévu et contingent d’une série de dispositifs intellectuels et politiques.

L’alliance précoce de l’ordolibéralisme allemand et du néolibéralisme austro-américain, conclue lors du désormais fameux colloque Walter Lippmann (1938), marqua le point de départ d’un travail de diffusion et de propagande qui finit par trouver preneur dans les années 1980 à la faveur de la crise du capitalisme fordiste.

Une nouvelle raison d’État: concurrence et gouvernement entrepreneurial

La thèse centrale de l’ouvrage est relativement simple. Le néolibéralisme est une pensée d’État, et non contre l’État ou pour son retrait.

Cette idée contre-intuitive n’est cependant pas entièrement originale, puisqu’elle court dans plusieurs travaux récents sur le néolibéralisme : des géographes comme David Harvey (A Brief History of Neoliberalism, Oxford University Press, 2005), des historiens-sociologues comme François Denord (Néolibéralisme version française, Demopolis, 2007), des philosophes comme Wendy Brown (Les Habits neufs de la politique mondiale, Les Prairies Ordinaires, 2007), ou encore dans un récent numéro de la revue Labyrinthe (« Ce que le libéralisme promet », n° 29, 2008).

Cette petite révolution copernicienne dans l’historiographie du (néo)libéralisme va bien au-delà de l’idée que celui-ci suppose, et même exige, un État fort quoique limité (pour garantir les libertés civiles, la propriété, le respect des contrats, etc.) ; que, en somme, il n’est pas un anarchisme – à l’exception du courant strictement libertarien (David Friedman, Murray Rothbard, mais pas Robert Nozick).

Il constitue une véritable rationalité politique et même, ajoutent Pierre Dardot et Christian Laval qui se distinguent ici des auteurs précités, une éthique susceptible de couvrir tous les aspects de l’existence des individus. Le néolibéralisme, en particulier, peut donc être considéré comme un fait social total.

La généalogie intellectuelle de cette « nouvelle » raison passe préalablement par une enquête sur « l’ancienne » raison du monde : le libéralisme classique du XVIIIe siècle.

Tout l’enjeu est de distinguer soigneusement celui-ci du néolibéralisme qui, loin d’être un retour à Adam Smith et au naturalisme du marché, relève d’un constructivisme strict.

À la suite de Foucault, les auteurs observent de l’un à l’autre le « glissement du modèle de l’échange à celui de la concurrence » (p. 138) : le premier définit le concept d’une société civile qui développe spontanément la prospérité et l’harmonie par le « doux commerce » pour le bien de tous ; le second renvoie à une « relation d’inégalité entre différentes unités de production » (p. 457), à une lutte entre producteurs délibérément organisée par la puissance publique.

Sans reconstituer une continuité illusoire entre les deux, il y a quelque raison de nuancer cette opposition bien tranchée entre libéralismes classique et « néo » : le mythe du marché autorégulateur a-t-il jamais vraiment correspondu à la doctrine du retrait de l’État ?

C’est prendre un peu trop à la lettre les déclarations des néolibéraux eux-mêmes, soucieux de se distinguer du « vieux » free trade. Polanyi soulignait en son temps que l’État s’est fait l’instituteur du marché librement concurrentiel là où il n’existait pas.

Certains historiens modernistes ont confirmé par d’autres voies ce lien organique entre libéralisme classique et État au XVIIIe siècle, dans le cas français du moins, comme Philippe Minard ou Éric Brian sur les administrateurs et savants, ou Judith Miller sur le marché du blé.

La véritable innovation néolibérale, que les auteurs relèvent eux-mêmes, consiste à déplacer le problème de la question de la création de marchés, à celle de leurs règles de fonctionnement destinées à assurer l’autorégulation en faisant respecter le principe de concurrence.

Le néolibéralisme se décline en deux principales branches qui se distinguent moins par une différence de degré (un libéralisme plus ou moins « social », plus ou moins « ultra ») que par une différence d’accent.

Alors que l’ordolibéralisme allemand insiste d’abord sur la régulation juridique et institutionnelle de la concurrence, le néolibéralisme austro-américain (Ludwig von Mises, mais surtout Friedrich von Hayek) déplace l’attention vers une théorie de l’action humaine (la « praxéologie ») et du marché comme « processus de formation de soi » (p. 232), susceptible de transformer l’homme en individu intéressé, rationnel et adaptatif.

L’ouvrage n’a pas tort de réévaluer le rôle de Hayek, parfois hâtivement assimilé à un ultralibéral, dans la mise en place du concept d’« État fort gardien du droit privé », c’est-à-dire lui-même soumis aux règles de droit privé de telle sorte que son intervention se limite strictement à préserver l’efficience du marché.

Mais c’est surtout sur la question de la construction européenne que l’ouvrage prolonge avec profit les indications de Foucault, et qu’il rentre en écho avec d’autres analyses récentes (François Denord et Antoine Schwartz, L’Europe sociale n’aura pas lieu, Raisons d’Agir, 2009). C’est en effet l’ordolibéralisme allemand qui constitue la « véritable “tradition cachée” de l’Europe » (p. 343).

Vu sous cet angle, le paradoxe du dirigisme libéral européen (mise en concurrence forcée des économies nationales ; lutte contre les monopoles, l’inflation et les aides publiques, etc.) se dissipe : il s’agit d’une régulation faite non pour protéger des effets de la concurrence « libre et non faussée », mais pour préserver cette dernière et l’instituer là où elle n’existe pas.

Le droit de la concurrence (au génitif subjectif) est le droit qu’a la concurrence à prévaloir sur toute autre considération. L’économie sociale de marché, brandie par le discours européiste pour ses connotations rassurantes, offre donc peu de chance de constituer un rempart contre la mondialisation, d’autant qu’elle signifiait stricto sensu le social par le marché, supposé seul capable de réaliser une démocratie de consommation et la « prospérité pour tous ».

« Plus l’économie est libre, plus elle est sociale, et plus le profit est grand pour l’économie nationale », écrivait ainsi Ludwig Erhard, le « père du miracle économique allemand ».

La Sozial Marktwirtschaft ne décrit donc que très partiellement la social-démocratie « réelle » qui a effectivement dominé l’Allemagne. C’est d’ailleurs toute la social-démocratie européenne actuelle – Troisième Voie, gauche « moderne » – qui n’a qu’un rapport ténu avec la social-démocratie des Trente Glorieuses (politique keynésienne contracyclique, haut niveau de protection sociale, cogestion des entreprises avec les syndicats) : comme disent justement les auteurs, elle se rapproche bien davantage d’un néolibéralisme de gauche.

En ce sens, les vantardises de certains sociaux-démocrates, antilibéraux de la 25e heure, sur la nécessaire « régulation » du capitalisme, non contents d’exploiter l’ambiguïté des termes, tentent de faire oublier la contribution de la gauche européenne de gouvernement au système financier qui a conduit au désastre que l’on sait.

La révolution conservatrice des années 1980 aux États-Unis comme en Europe, en alliant libéralisation et autoritarisme, ne marqua donc pas le retrait de l’État, mais son réengagement sur de nouvelles bases et avec de nouveaux objectifs.

La crise du capitalisme fordiste a cela de singulier qu’elle aboutit non pas à moins, mais à plus de capitalisme. Le caractère stratégique de cette réponse néolibérale ne fait pas de celle-ci une simple « religion du marché », contrairement à ce que croit le commun des antilibéraux, mais une nouvelle rationalité au nom de l’efficacité de l’action publique.

Cette pente conduit cependant les auteurs à sous-estimer la prégnance du modèle néo-classique de l’équilibre général dans la définition des politiques publiques et la formation des élites dirigeantes : c’est aussi elle qui définit la croyance économique, pour reprendre l’expression de Frédéric Lebaron.

Il reste que la mise au jour de cette nouvelle rationalité bureaucratique, axée sur la concurrence généralisée et l’universalisation du modèle entrepreneurial, donne la clé de voûte à toute une série de politiques, dont celle de l’actuel président de la République.

En ce sens, les récentes recapitalisations massives des banques par les États s’apparentent moins à des nationalisations qu’à un comportement d’État « prêteur en dernier ressort » chargé de garantir la sûreté du système, voire d’État « boursicoteur » qui achète les titres à bas prix dans l’espoir d’un profit réalisé ultérieurement.

En ces temps de crise, il n’y a pas de « retour » d’un État qui n’a jamais manqué à l’appel pour protéger le système mondial de la concurrence.

En ce sens, cet État managérial, stratège et réputé efficace, cette state gouvernance, importe en son sein les règles et normes du marché concurrentiel, et conduit moins à une privatisation de l’État qu’à une codétermination public/privé des politiques macro-économiques : on se rappellera les mots d’ordre tels que « modernisation de l’État », « rationalisation des choix budgétaires », « révision générale des politiques publiques ».

L’État n’est plus seulement un instrument politique au service de la domination économique de la bourgeoisie ; il est devenu une « entreprise au service des entreprises » (p. 370).

La morale néolibérale et la pertinence d’une résistance éthique

Au delà de la politique, le néolibéralisme vise à façonner un nouveau type de sujet. L’universalisation de l’ethos managérial est en effet constitutif de la société du risque et de la généralisation de technologies évaluatives des individus.

Au risque de passer pour plus foucaldien que Foucault, on peut ici s’étonner que les auteurs ne fassent aucun usage du concept de sécurité, construit par opposition à celui de discipline.

Ce dernier est associé à la « police » et à la coercition, tandis que le premier consiste à inciter, stimuler, freiner et canaliser les désirs.

Cela aurait permis de mieux distinguer différents types de violences, qu’elles soient insidieuses ou plus classiquement policières, et la manière dont l’autoritarisme classique de l’État régalien s’enchâsse dans des technologies politiques plus récentes : ainsi la conjonction entre le retour de la figure du grand chef et la nouvelle héroïsation de celle de l’entrepreneur.

Plus généralement, l’État néolibéral-sécuritaire renvoie à une transformation des modalités de la monopolisation politique ; et ici les ressources de la sociologie politique n’auraient pas été inutiles.

Cette généalogie intellectuelle apparaît dès lors comme une généalogie de la morale néolibérale, car celle-ci implique toute une norme de vie qui consiste à exiger des individus qu’ils deviennent entrepreneurs d’eux-mêmes.

Le néolibéralisme n’est pas juste une politique économique et une technique de gouvernement, il est surtout la morale décomplexée du capitalisme contemporain, que Foucault condensait dans la formule nietzschéenne « Il faut vivre dangereusement ».

Ici Pierre Dardot et Christian Laval s’éloignent des grands auteurs pour revisiter avec profit la fastidieuse littérature managériale : partout s’y retrouve l’éloge de l’homme flexible, fluide, réactif, avant tout compétitif et performant dans toutes les dimensions de sa vie (y compris sexuelles, sportives, etc.).

Point n’est besoin de relever les souffrances psychologiques occasionnées par cette « extension du domaine de la lutte », analysées par les sociologues du travail comme par certains romanciers.

Le dernier chapitre du livre offre à cet égard une stimulante analyse de ce nouvel esprit du capitalisme.

La rationalité néolibérale fait ainsi peser sur la démocratie plusieurs dangers. Elle dépolitise le rapport des citoyens à l’État en soustrayant les principes économiques à la discussion et à la volonté populaires.

En érigeant la performance comme critère unique de la politique, elle autorise l’arrogance de l’argent et la brutalité des actes et des paroles à miner les fondements culturels et moraux des sociétés démocratiques.

Enfin, elle recrée des hiérarchies et des chefs là où il y avait, bon an mal an, de la collégialité et de la concertation : dans les entreprises, à l’Université, dans la famille, dans l’État, et surtout en soi-même… ce qui marque moins le retour à une société disciplinaire que l’avènement d’une société de (l’auto)contrôle.

La conclusion ouvre dès lors des perspectives politiques normatives en appelant à l’invention d’une sorte d’ « altergouvernementalité », point d’appui d’une possible résistance éthico-politique du sujet au néolibéralisme.

Ce positionnement se démarque aussi bien de la doxa antilibérale que de la critique conservatrice du libéralisme (tel Marcel Gauchet). On peut cependant interroger cet appel à la formation d’une « contre-société » qui émergerait du pullulement anarchisant de « contre-conduites », comme s’il fallait tourner le dos à l’État et à la politique constituée pour former un mode de subjectivation radicalement neuf.

Il y a ici comme une sorte de « proudhonisme » des auteurs. Proudhonisme qui les honore car, contrairement aux allégations de Foucault qui prétendait que le socialisme n’avait pas de gouvernementalité propre, l’intellectuel ouvrier franc-comtois (dont on fête cette année le bicentenaire de la naissance) fut l’un de ceux qui réfléchirent le plus aux modalités concrètes de l’autogouvernement des hommes par-delà le règne de l’État et de la propriété.

Reste que la « stratégie sans stratégie » d’un appel aux citoyens à se subjectiver autrement, parce qu’elle contourne le problème de la conquête de cet État dont il fut pourtant tellement question tout au long de l’ouvrage, risque fort d’être vouée à l’impuissance politique.

D’autant que le sombre pronostic – mais hélas lucide – des auteurs, qui voient dans l’après-crise non une remise en cause du néolibéralisme mais une nouvelle phase de son développement, n’incite guère à l’optimisme.

Definitionem enunciatio


Deinde cum dicit: non autem in omnibus etc., ostendit quod per hanc definitionem enunciatio differt ab aliis orationibus.

Et quidem de orationibus imperfectis manifestum est quod non significant verum vel falsum, quia cum non faciant perfectum sensum in animo audientis, manifestum est quod perfecte non exprimunt iudicium rationis, in quo consistit verum vel falsum.

His igitur praetermissis, sciendum est quod perfectae orationis, quae complet sententiam, quinque sunt species, videlicet enunciativa, deprecativa, imperativa, interrogativa et vocativa.

Non tamen intelligendum est quod solum nomen vocativi casus sit vocativa oratio: quia oportet aliquid partium orationis significare aliquid separatim, sicut supra dictum est; sed per vocativum provocatur, sive excitatur animus audientis ad attendendum; non autem est vocativa oratio nisi plura coniungantur; ut cum dico, o bone Petre.

Harum autem orationum sola enunciativa est, in qua invenitur verum vel falsum, quia ipsa sola absolute significat conceptum intellectus, in quo est verum vel falsum.

Definitionem enunciatio


Deinde cum dicit: non autem in omnibus etc., ostendit quod per hanc definitionem enunciatio differt ab aliis orationibus. Et quidem de orationibus imperfectis manifestum est quod non significant verum vel falsum, quia cum non faciant perfectum sensum in animo audientis, manifestum est quod perfecte non exprimunt iudicium rationis, in quo consistit verum vel falsum.

His igitur praetermissis, sciendum est quod perfectae orationis, quae complet sententiam, quinque sunt species, videlicet enunciativa, deprecativa, imperativa, interrogativa et vocativa.

Non tamen intelligendum est quod solum nomen vocativi casus sit vocativa oratio: quia oportet aliquid partium orationis significare aliquid separatim, sicut supra dictum est; sed per vocativum provocatur, sive excitatur animus audientis ad attendendum; non autem est vocativa oratio nisi plura coniungantur; ut cum dico, o bone Petre.

Harum autem orationum sola enunciativa est, in qua invenitur verum vel falsum, quia ipsa sola absolute significat conceptum intellectus, in quo est verum vel falsum.

Sed quia intellectus vel ratio, non solum concipit in seipso veritatem rei tantum, sed etiam ad eius officium pertinet secundum suum conceptum alia dirigere et ordinare; ideo necesse fuit quod sicut per enunciativam orationem significatur ipse mentis conceptus, ita etiam essent aliquae aliae orationes significantes ordinem rationis, secundum quam alia diriguntur.

Dirigitur autem ex ratione unius hominis alius homo ad tria: primo quidem, ad attendendum mente; et ad hoc pertinet vocativa oratio: secundo, ad respondendum voce; et ad hoc pertinet oratio interrogativa: tertio, ad exequendum in opere; et ad hoc pertinet quantum ad inferiores oratio imperativa; quantum autem ad superiores oratio deprecativa, ad quam reducitur oratio optativa: quia respectu superioris, homo non habet vim motivam, nisi per expressionem sui desiderii.

Quia igitur istae quatuor orationis species non significant ipsum conceptum intellectus, in quo est verum vel falsum, sed quemdam ordinem ad hoc consequentem; inde est quod in nulla earum invenitur verum vel falsum, sed solum in enunciativa, quae significat id quod mens de rebus concipit.

Et inde est quod omnes modi orationum, in quibus invenitur verum vel falsum, sub enunciatione continentur: quam quidam dicunt indicativam vel suppositivam. Dubitativa autem ad interrogativam reducitur, sicut et optativa ad deprecativam.

Orationibus imperfectis


Deinde cum dicit: non autem in omnibus etc., ostendit quod per hanc definitionem enunciatio differt ab aliis orationibus. Et quidem de orationibus imperfectis manifestum est quod non significant verum vel falsum, quia cum non faciant perfectum sensum in animo audientis, manifestum est quod perfecte non exprimunt iudicium rationis, in quo consistit verum vel falsum.

His igitur praetermissis, sciendum est quod perfectae orationis, quae complet sententiam, quinque sunt species, videlicet enunciativa, deprecativa, imperativa, interrogativa et vocativa.

Non tamen intelligendum est quod solum nomen vocativi casus sit vocativa oratio: quia oportet aliquid partium orationis significare aliquid separatim, sicut supra dictum est; sed per vocativum provocatur, sive excitatur animus audientis ad attendendum; non autem est vocativa oratio nisi plura coniungantur; ut cum dico, o bone Petre.

Harum autem orationum sola enunciativa est, in qua invenitur verum vel falsum, quia ipsa sola absolute significat conceptum intellectus, in quo est verum vel falsum.

Sed quia intellectus vel ratio, non solum concipit in seipso veritatem rei tantum, sed etiam ad eius officium pertinet secundum suum conceptum alia dirigere et ordinare; ideo necesse fuit quod sicut per enunciativam orationem significatur ipse mentis conceptus, ita etiam essent aliquae aliae orationes significantes ordinem rationis, secundum quam alia diriguntur.

Dirigitur autem ex ratione unius hominis alius homo ad tria: primo quidem, ad attendendum mente; et ad hoc pertinet vocativa oratio: secundo, ad respondendum voce; et ad hoc pertinet oratio interrogativa: tertio, ad exequendum in opere; et ad hoc pertinet quantum ad inferiores oratio imperativa; quantum autem ad superiores oratio deprecativa, ad quam reducitur oratio optativa.

Quia respectu superioris, homo non habet vim motivam, nisi per expressionem sui desiderii. Quia igitur istae quatuor orationis species non significant ipsum conceptum intellectus, in quo est verum vel falsum, sed quemdam ordinem ad hoc consequentem; inde est quod in nulla earum invenitur verum vel falsum, sed solum in enunciativa, quae significat id quod mens de rebus concipit.

Et inde est quod omnes modi orationum, in quibus invenitur verum vel falsum, sub enunciatione continentur: quam quidam dicunt indicativam vel suppositivam. Dubitativa autem ad interrogativam reducitur, sicut et optativa ad deprecativam.

Deinde cum dicit: caeterae igitur relinquantur etc., ostendit quod de sola enunciativa est agendum; et dicit quod aliae quatuor orationis species sunt relinquendae, quantum pertinet ad praesentem intentionem: quia earum consideratio convenientior est rhetoricae vel poeticae scientiae. Sed enunciativa oratio praesentis considerationis est.

Cuius ratio est, quia consideratio huius libri directe ordinatur ad scientiam demonstrativam, in qua animus hominis per rationem inducitur ad consentiendum vero ex his quae sunt propria rei; et ideo demonstrator non utitur ad suum finem nisi enunciativis orationibus, significantibus res secundum quod earum veritas est in anima.

Sed rhetor et poeta inducunt ad assentiendum ei quod intendunt, non solum per ea quae sunt propria rei, sed etiam per dispositiones audientis. Unde rhetores et poetae plerumque movere auditores nituntur provocando eos ad aliquas passiones, ut philosophus dicit in sua rhetorica.

Et ideo consideratio dictarum specierum orationis, quae pertinet ad ordinationem audientis in aliquid, cadit proprie sub consideratione rhetoricae vel poeticae, ratione sui significati; ad considerationem autem grammatici, prout consideratur in eis congrua vocum constructio.

The art of secrecy


Most of us conduct many of our daily personal, business and government transactions electronically. We do so many things online—from staying in touch with friends to buying and selling everything, including the kitchen sink—that getting comprehensive information about most people is as easy as logging, or recording, their online activities.

And for various reasons, ISPs are already logging our activities, such as which sites we have visited and when. They are not alone. Many entities we interact with online—stores, newspapers, dating sites,  and the like—keep close tabs on us as well. Thus, if we value privacy, we face the challenge of how to take advantage of everything the Internet has to offer without giving up our privacy.

An amazing discovery of modern cryptography is that virtually any task involving electronic communication can be carried out privately. Many people, including the editors of most dictionaries, mistakenly think that “cryptography” is synonymous with the study of encryption. But modern cryptography encompasses much more. It provides mathematical methods for protecting communication and computation against all kinds of malicious behavior—that is, tools for protecting our privacy and security.

Cryptography (or cryptology; from Greek κρυπτός, kryptos, “hidden, secret”; and γράφω, gráphō, “I write”, or -λογία, -logia, respectively) is the science that practices and studies how to hide information. Modern cryptography intersects the disciplines of mathematics, computer science, and engineering. Applications of cryptography include ATM cards, computer passwords, and electronic commerce.

The earliest forms of secret writing required little more than local pen and paper analogs, as most people could not read. More literacy, or opponent literacy, required actual cryptography. The main classical cipher types are transposition ciphers, which rearrange the order of letters in a message (e.g., ‘hello world’ becomes ‘ehlol owrdl’ in a trivially simple rearrangement scheme), and substitution ciphers, which systematically replace letters or groups of letters with other letters or groups of letters (e.g., ‘fly at once’ becomes ‘gmz bu podf’ by replacing each letter with the one following it in the English alphabet).

Simple versions of either offered little confidentiality from enterprising opponents, and still don’t. An early substitution cipher was the Caesar cipher, in which each letter in the plaintext was replaced by a letter some fixed number of positions further down the alphabet. It was named after Julius Caesar who is reported to have used it, with a shift of 3, to communicate with his generals during his military campaigns, just like EXCESS-3 code in boolean algebra.

Encryption attempts to ensure secrecy in communications, such as those of spies, military leaders, and diplomats. There is record of several early Hebrew ciphers as well. Cryptography is recommended in the Kama Sutra as a way for lovers to communicate without inconvenient discovery. Steganography (i.e., hiding even the existence of a message so as to keep it confidential) was also first developed in ancient times. An early example, from Herodotus, concealed a message – a tattoo on a slave’s shaved head – under the regrown hair. More modern examples of steganography include the use of invisible ink, microdots, and digital watermarks to conceal information.

Oratio significat ad placitum


Deinde cum dicit: sed non una hominis etc., excludit falsum intellectum. Et posset hoc referri ad immediate dictum, ut sit sensus quod nomen erit affirmatio vel negatio, si quid ei addatur, sed non si addatur ei una nominis syllaba. Sed quia huic sensui non conveniunt verba sequentia, oportet quod referatur ad id, quod supra dictum est in definitione orationis, scilicet quod aliquid partium eius sit significativum separatim.

Sed quia pars alicuius totius dicitur proprie illud, quod immediate venit ad constitutionem totius, non autem pars partis; ideo hoc intelligendum est de partibus ex quibus immediate constituitur oratio, scilicet de nomine et verbo, non autem de partibus nominis vel verbi, quae sunt syllabae vel litterae. Et ideo dicitur quod pars orationis est significativa separata, non tamen talis pars, quae est una nominis syllaba.

Et hoc manifestat in syllabis, quae quandoque possunt esse dictiones per se significantes: sicut hoc quod dico rex, quandoque est una dictio per se significans; in quantum vero accipitur ut una quaedam syllaba huius nominis sorex, soricis, non significat aliquid per se, sed est vox sola. Dictio enim quaedam est composita ex pluribus vocibus, tamen in significando habet simplicitatem, in quantum scilicet significat simplicem intellectum.

Et ideo in quantum est vox composita, potest habere partem quae sit vox, inquantum autem est simplex in significando, non potest habere partem significantem. Unde syllabae quidem sunt voces, sed non sunt voces per se significantes. Sciendum tamen quod in nominibus compositis, quae imponuntur ad significandum rem simplicem ex aliquo intellectu composito, partes secundum apparentiam aliquid significant, licet non secundum veritatem.

Et ideo subdit quod in duplicibus, idest in nominibus compositis, syllabae quae possunt esse dictiones, in compositione nominis venientes, significant aliquid, scilicet in ipso composito et secundum quod sunt dictiones; non autem significant aliquid secundum se, prout sunt huiusmodi nominis partes, sed eo modo, sicut supra dictum est.

Deinde cum dicit: est autem oratio etc., excludit quemdam errorem. Fuerunt enim aliqui dicentes quod oratio et eius partes significant naturaliter, non ad placitum. Ad probandum autem hoc utebantur tali ratione. Virtutis naturalis oportet esse naturalia instrumenta: quia natura non deficit in necessariis; potentia autem interpretativa est naturalis homini; ergo instrumenta eius sunt naturalia.

Instrumentum autem eius est oratio, quia per orationem virtus interpretativa interpretatur mentis conceptum: hoc enim dicimus instrumentum, quo agens operatur. Ergo oratio est aliquid naturale, non ex institutione humana significans, sed naturaliter.

Huic autem rationi, quae dicitur esse Platonis in Lib. qui intitulatur Cratylus, Aristoteles obviando dicit quod omnis oratio est significativa, non sicut instrumentum virtutis, scilicet naturalis: quia instrumenta naturalia virtutis interpretativae sunt guttur et pulmo, quibus formatur vox, et lingua et dentes et labia, quibus litterati ac articulati soni distinguuntur; oratio autem et partes eius sunt sicut effectus virtutis interpretativae per instrumenta praedicta.

Sicut enim virtus motiva utitur naturalibus instrumentis, sicut brachiis et manibus ad faciendum opera artificialia, ita virtus interpretativa utitur gutture et aliis instrumentis naturalibus ad faciendum orationem. Unde oratio et partes eius non sunt res naturales, sed quidam artificiales effectus. Et ideo subdit quod oratio significat ad placitum, idest secundum institutionem humanae rationis et voluntatis, ut supra dictum est, sicut et omnia artificialia causantur ex humana voluntate et ratione.

Sciendum tamen quod, si virtutem interpretativam non attribuamus virtuti motivae, sed rationi; sic non est virtus naturalis, sed supra omnem naturam corpoream: quia intellectus non est actus alicuius corporis, sicut probatur in III de anima. Ipsa autem ratio est, quae movet virtutem corporalem motivam ad opera artificialia, quibus etiam ut instrumentis utitur ratio: non sunt autem instrumenta alicuius virtutis corporalis. Et hoc modo ratio potest etiam uti oratione et eius partibus, quasi instrumentis: quamvis non naturaliter significent.